Scylla et Furax Barbarossa – La Rodia : un voyage aux portes du désert

À La Rodia de Besançon, Scylla et Furax Barbarossa sont venus défendre leur histoire. Celle d’un lien artistique construit sur plus de quinze ans, représenté dans leur nouvel album : Portes du désert.

scylla furax barbarossa crédit photo les scènes sauvages alice gand

Deux figures majeures du rap francophone

Scylla s’est imposé depuis plus d’une décennie comme l’une des voix les plus singulières du rap belge. Timbre grave, écriture introspective, capacité rare à mêler puissance et profondeur sans perdre en impact. Son projet PLEINE LUNE, conçu avec le pianiste Sofiane Pamart, a marqué un tournant dans sa carrière et élargi son public. À l’automne dernier, il remplissait l’ING Arena à Bruxelles devant 10 000 personnes.

Furax Barbarossa, de son côté, incarne une autre forme d’exigence. Indépendant, frontal, parfois rugueux, toujours sincère.

« Portes du désert » : créer autrement

Après plus de quinze ans de collaborations régulières, une quinzaine de titres partagés au fil de leurs albums respectifs; Scylla et Furax Barbarossa franchissent une étape décisive avec Portes du désert, leur premier album commun.

Le projet est né d’une immersion de dix jours et dix nuits aux portes du désert marocain. Un choix artistique fort : s’isoler pour créer autrement.

Dans ce contexte, le désert dépasse rapidement le simple cadre géographique. Il devient symbole. Espace de dépouillement, de silence, de confrontation à soi. Cette démarche irrigue tout l’album, qui s’articule autour de thématiques fortes : fraternité, maturité, spiritualité, transmission, responsabilité.

Musicalement, la couleur orientale s’impose naturellement, influencée par l’environnement de création. Les productions initiales, travaillées puis réarrangées prennent une ampleur cinématographique. Les interludes, les textures, les respirations participent à cette narration immersive : le lieu n’est pas un décor, il imprègne le disque. L’intention n’était pas de juxtaposer deux univers distincts, mais de construire un terrain commun. Trouver un équilibre entre leurs identités respectives.

Portes du désert se distingue précisément par son ancrage humain. Il ne s’agit pas d’un croisement stratégique, mais de l’aboutissement d’une relation artistique. Cette sincérité se manifeste notamment à travers deux titres solos, “Gardiens pt. 1” et “Gardiens pt. 2”. Une manière d’aborder frontalement un sujet rarement traité dans le rap : l’amitié masculine et la fraternité artistique.

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